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OTH Portrait: Sylvain Raymond

OTH Portrait Sylvain Raymond

Sylvain Raymond – Écrivain

Se perdre en forêt ou en mer ?

En forêt. Il y a quelque chose de fondamental au concept de se perdre en forêt. C’est d’ailleurs pourquoi une bonne partie de mon deuxième roman s’y déroule : c’est le lieu où on découvre la vérité à propos des différents personnages. L’allégorie s’applique donc à ta question alors que je suis moi-même en recherche constante de ma véritable identité. Tout comme mon premier roman Yupster, mon deuxième roman Sara(h)bande n’y fait pas exception. Il y a toujours un peu de soi dans ce qu’on écrit, c’est thérapeutique (ou pas !). Peut-être devrais-je tout simplement aller me perdre dans l’bois !

Avec qui aimerais-tu avoir une conversation à l’épicerie?

Avec moi-même. J’aimerais pouvoir me regarder dans mes habitudes, dans ma routine, pour finalement avoir le courage de m’adresser la parole. Serais-je irrité de moi-même ? Aurais-je la patience de m’écouter ? Saurais-je prendre le temps de m’écouter ? Le simple fait de pouvoir se surprendre à se regarder soi-même, sans même devoir échanger un seul mot m’apparait être une opportunité utopique pourtant si riche. Je pense que si on avait tous cette opportunité dans la vie, on prendrait davantage conscience de notre état présent, de ce qu’on fait à tous les jours, complètement persuadé que ce sont les bonnes choses à faire mais possiblement et uniquement par manque de perspective.

Peux-tu nous dire un secret ?

Ok. J’ai peur.  Ce n’est pas généralement quelque chose qu’on peut s’imaginer de moi, mais j’ai peur. De ce que je ne comprends pas. De ce que nous réserve le futur, de ce qu’on se réserve soi-même comme futur. J’ai peur du rapport que les gens cultivent entre eux, de la polarisation des opinions, et donc fondamentalement du rapport qu’on cultive avec nous-mêmes. Un autre secret en lien avec ce que je viens de partager : je suis un grand sensible qui adore les gens, peu importe qui. Or, je trouve de moins en moins de raisons de les aimer. Et j’ai peur de ce que cela peut signifier dans mon propre rapport avec ces derniers.

Quelle questions aimerais-tu que l’on te pose ? (Cette question sera poser au prochain candidat)

Comment ça va ?  Et pas dans le sens commun de la question qu’on pose à tous les jours en croisant quelqu’un, quelque part et qu’on répond toujours par « bien » et/ou « pas pire ». Vraiment, comment ça va ?

Lancement du roman Sara(h)bande écrit par Sylvain Raymond.
Mercredi 20 février 5295, Avenue Du Parc
18h à 22hOuvert à tous
Gratuit
Métro Laurier

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Sylvain Raymond – Writer

Would you rather get lost in the woods or at sea?

In the woods. Something’s key when it comes to getting lost in the woods. By the way it’s the place where most of my second novel takes place: a place where you find out the truth about different characters. So, the allegory applies to your question as I am constantly looking for my true identity. Just like my first novel, Yupster, my second one, Sara(h)bande, is no exception. There’s always something about yourself in what you write, it’s like therapy (or not!). Maybe I should just literally get lost in the woods!

Who would you like to talk to at the grocery store?

Myself. I would like to look into my own habits, my routine, so I can finally dare talking to myself. Would I be annoyed at my own self? Will I have the patience to listen to myself? Will I take the time to listen to myself? The simple fact of catching yourself looking at yourself, even without having to say a single word, appears to me like utopian opportunity in life. We’d be more aware of our present state, what we do everyday, entirely convinced that they’re the right things to do but only possibly by lack of perspective.

Can you tell us a secret?

Ok. I’m afraid. It’s not something that people can easily think about me, but I am afraid. Of what I don’t understand. What the future has in store for us, what you have in store for yourself as your own future. I’m afraid of relationship building among people. Another secret linked to what I just shared: I am very sensitive and I love people, no matter who. However I find less and less time to like them. And I’m afraid of what this could mean in my own relationship with them.

What questions would you liked to be asked? (This question will be asked to the next candidate)

How are you? And not in the regular sense of the question we ask everyday bumping into someone, somewhere and that is always asked by “good” and/or “not bad”. Really, how are you?

Sara(h)bande book launch – book written by Sylvain Raymond.
Wednesday, February 20, 5295, Avenue Du Parc
from 6pm to 10pm
Free
Laurier metro

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